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de Joad

Interview de JOAD

1- Peux-tu présenter ton projet musical?

Joad est avant tout un projet qui tourne autour des chansons. Quand nous avons commencé à écrire en 2009, nous voulions être libres d’explorer un tas de styles tout en restant au service de la chanson.

A la manière des Beatles quant à leur capacité à écrire un « Helter Skelter » puis un  « Yesterday » sans que cela ne choque personne. C’est de la « grande » variété au sens propre du terme. Les chansons sont du coup parfois Rock, Pop, Folk ou Chanson française. Il était très clair également dès le départ que nous chanterions le tout en français, ce qui n’est pas une mince affaire mais c’est un challenge que nous essayons de relever à chaque fois, à chaque nouvelle chanson ou album.

Nous avons tout de suite créé nos outils de travail afin d’être libres de faire les choses à notre rythme : un local de répétition transformé en studio avec le temps et un peu d’investissement, un camion vieillissant qui nous traîne de concert en concert, du matos fiable et puis un petit label « Tarantula Music » pour coordonner le tout. On fonctionne comme des artisans, on crée notre matière, on la façonne, on la produit et on essaye de la vendre pour recommencer.


2- Comment décrirais-tu ta musique?

D’un autre temps. C’est difficile de la décrire soi-même, il y a une différence entre la musique que l’on voudrait faire, celle que l’on imagine faire, celle que l’on fait réellement et celle que perçoit l’auditeur.

Cela peu paraître prétentieux mais je pense que notre écriture est plutôt riche au vu de ce que les prods nous proposent dans les « grands médias », tant sur les mélodies que dans les textes.

Notre musique n’est pas « immédiate » ça c’est certain. L’idée générale de Joad doit mûrir un peu chez l’auditeur, à travers plusieurs écoutes ou en voyant le groupe sur scène. Nos chansons ne donnent ni envie de danser ni de prendre un dictionnaire, mais peut être suscitent une envie d’approfondir. J’aime à penser que nous créons une œuvre dans la durée, que chaque chanson est en lien avec une autre, il y a dans les textes beaucoup de références à un autre texte.

Ça ne répond pas bien à la question… hein ?


3- Comment est né le projet "Joad & l'Orchestre de l'Echo"?

En 2010 nous avions fait un concert acoustique à l’Almendra, le genre de concert acoustique simple épuré, une batterie aux balais, deux folks, un piano, une basse, un concert peinard où les chansons se retrouvent parfaitement dénudées et nous aussi par la même occasion. Quand nous avons voulu refaire un concert acoustique deux ans plus tard, nous n’avions pas envie de représenter la même chose mais au contraire d’étoffer cette notion acoustique, de la rendre puissante.

En travaillant sur les chansons, on s’est vite rendu compte que nos arrangements électriques de guitares et claviers s’adaptaient parfaitement pour des cordes et des cuivres. On a constitué le petit orchestre, travaillé sur les arrangements et cherché une salle pour accueillir le concert. Au départ c’était un coup d’un soir, nous n’avions pas l’intention de le rejouer, nous faisions ça dans un pur souci d’amusement. Et puis il s’est passé un truc, inexplicable, ce soir là au Théâtre de l’Echo du Robec, il n’était plus question de laisser ce projet sans lendemain. On s’est remis au boulot, quelques nouvelles chansons, de nouveaux arrangements et quelques mois plus tard, on sortait l’album « Le Gant de Velours » avec l’orchestre baptisé « l’Orchestre de l’Echo ». Nous avons enregistré et filmé le concert de sortie au Trianon Transatlantique qui est devenu le DVD live que nous venons de sortir.

 

4- Quels sont tes projets à venir?

Un nouvel album pour 2014, nous avons très envie d’écrire de nouvelles choses et de les enregistrer. Nous voulons bousculer un peu ce que nous avons fait jusqu’à aujourd’hui et ce qui tombe très bien vu que nous sommes résidents pour la saison 2013/2014 à la Gare Aux Musiques pour une année de boulot. Nous voulons revenir à quelque chose de plus rock, plus épuré et très électrique, l’idée serait de faire un album dans les conditions du live, le genre de disque qui ne se fait presque plus, tous les cinq dans la même pièce, live. C’est une toute autre approche de la production, et pourquoi pas, s’offrir les services d’un réalisateur, une nouvelle paire d’oreilles sur notre musique.

En ce qui concerne la version orchestrée, j’adorerais la jouer au Théâtre des Arts avec l’Opéra de Rouen. C’est un peu gourmand je vous l’accorde…


Crédit Photo: David Morganti

 



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