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interview
de Grabuge

1/ Bonjour Grabuge, pouvez-vous vous présenter ?

Léo : On est un groupe de Caen. Jean-Noël est aux claviers, Benoît au violoncelle, David à l’alto et je chante et joue du synthé.

JN : Il y a deux ans, Léo m'a fait écouter deux trois trucs qui me plaisaient bien. Au même moment j’avais une carte blanche pour une soirée au Panta théâtre.

On avait notre première date, il ne nous restait plus qu'à créer le groupe.

Léo : On pensait plus à quelque chose d’expérimental (on compose tous les deux des musiques de spectacle), un one-shot. Finalement on a fait des chansons dans un format plus pop et on a décidé de creuser ce sillon là.

 

2/ Comment définiriez-vous votre style de musique ? Quelles sont vos influences ?

JN : Comme de la chanson électronique.

Léo : Chanson parce que le texte a une place importante, qu’il est en français, donc ça permet de mieux situer.

Les influences sont vastes. En chanson française, les maîtres seraient Bashung ou Dominique A. Mais aussi Arlt, Aquaserge, Avec pas d’casque...

Musicalement, on pourrait mettre pas mal de canadiens du label Constellation, Bon Iver, Dirty Projectors, La Terre Tremble, Tortoise, Suuns, Sufjan Stevens, Bowie ou Cohen évidemment...

JN : Et puis des racines plus anciennes, Kraftwerk, Joy division, Suicide, l' album « Zoo » de Michael Nyman… Quand on commence à creuser le jardin des influences, c'est un puits sans fond.

 

Léo : Des choses plus expérimentales ou contemporaines aussi.

Le texte est plutôt inspiré par des lectures : Pascal Quignard, Serge Doubrovski, Mahmoud Darwich entre autres…

 

3/ Comment se passe le travail de composition ? Qu’est-ce qui vous inspire ?

Léo : On essaie de ne jamais procéder de la même manière.

JN : Concernant les morceaux composé en commun, on échange beaucoup par internet avec Léo, puis viens le temps où l'on se retrouve, on part en impro, le morceau se dessine doucement. Le texte et le chant restant au centre du jeu. S'il ne trouve pas sa place alors on met le morceau de coté.

Léo : Parfois le texte est là au départ, parfois il arrive après, parfois je pioche dans des notes que j’ai de côté, parfois il est très structuré dès le départ. Mais j’aime quand le texte propose une situation avec une chute finale. J’aime aussi l’ambiguïté de la langue, c’est quelque chose que je ne pourrai pas faire en anglais, même si l’anglais serait plus facile à chanter.

JN : Puis vient le travail d'arrangements avec David et Benoît. L'idée de départ de Grabuge c'est de confronter le son électronique au son acoustique, comment, dans la composition et dans le travail d'amplification et de traitements du son mêler les deux, jusqu'à les confondre ou au contraire les distancier.

Léo : Pour les parties de cordes, souvent on transpose des matières jouées au départ par des synthés, des arpégiateurs, un peu d’aléatoire. On adapte avec Benoît et David par la suite pour que ce soit jouable mais que l’esprit reste présent.

C’est des instruments qui ont des possibilités de timbre très variées donc ça fonctionne très bien avec les synthétiseurs. Petit à petit on va chercher à les trafiquer aussi comme ce qu’on fait sur les voix avec l’autotune ou le vocoder, ça crée des incidents qu'on aime beaucoup.

JN : Pour ce qui nous inspire, musicalement, j'en sais trop rien. Sauf évidemment ce que font les autres. On aime bien d'ailleurs faire des reprises, on commence à en avoir quelques-unes dans notre sac. J'aimerais bien en faire un scud un jour.

 

4/ Vous avez sorti votre premier album Ici m’aime cette année, vous pouvez nous en parler ?

Léo : L’idée de départ était vraiment d’avoir un support pour communiquer, faire 3/4 titres. Mais on ne peut pas enregistrer les cordes comme ça dans un home studio. Donc on en a profité pour faire 7 titres, toujours en gardant à l’esprit que chaque morceau soit différent dans sa structure, le rapport du texte au chant, le rapport des instruments entre eux. On a confié tout ça à Olivier Lecce qui a donné une couleur cohérente à l’ensemble.

JN : On est content de l'album, même si maintenant on tourne avec une quinzaine de morceaux, et que notre son continu à évoluer. Mais l'essentiel y est, la couleur électronique, le mix avec les cordes, et le style des textes de Léo.

Léo : Sur ces textes, je pars souvent d’une sensation ou d’une situation qui m’est proche mais que je déroule comme une histoire plus universelle en sautant d’un jeu de mot à l’autre. Et d’un morceau à l’autre, il y a des liens qui se tissent. Il y a une certaine noirceur générale, mais j’y vois aussi de l’humour. Le dernier titre, Ici m’aime, par exemple, c'est une mise en bière, mais joyeuse je crois.

 

5/ Des concerts sont-ils prévus pour défendre ce projet sur scène ?

Oui c’est imminent d’ailleurs.

Le 8 novembre au Bazarnaom à Caen à l’issu de quatre jours de travail sur place.

Le 29 novembre à la Maison de l’Étudiant à Caen.

Le 23 mai à la Saison Musicale d’Hérouville-Saint-Clair

Certainement d’autres à venir.

 

6/ Pour finir, votre playlist se compose de quels titres, quels artistes en ce moment ?

Léo : La musique de Marc Melia est assez magique, Mohamed Lamourhi ou Éloïses Decazes me fendent le cœur, Gontard! a beaucoup de talent, mais aussi Kate Tempest, Embrasse-moi, Beak>, Sandro Perri, Low, Big red machine…

JN : « Mort aux vaches » de Peter Broderick, « On nous ment » de Gérard Manset, « Un mur pour pleurer » d Anne Sylveste. « Ouvrier tout chose » de Chevo Légé.

Et puis à nouveau l'album de Grand Parc, ne comprenant toujours pas pourquoi il est passé si vite à la trappe.

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