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de Iner
Interview #20
Iner



1/ Bonjour Iner, pouvez-vous vous présenter ?
Bonjour, je suis un artiste rouennais issu de la culture Hip-Hop des années 80. D'abord inspiré par le graffiti, je me suis vite intéressé à l'écriture. Il ne me reste plus qu'à m'exercer aux scratchs et à apprendre quelques phases de break (rires). Au départ, c'était pour déconner avec les potes ! Mais suite à une période où j'avais beaucoup de temps libre, je me suis vite pris au jeu de bosser, peaufiner la chose... Je pense que c'est mon passage à Strasbourg qui a déclenché mon envie de franchir le pas pour sortir mon tout premier son. (Et aussi, le fait que mon pote Dude me pousse au cul à mon retour sur Rouen ! Héhé !)

2/ Comment définiriez-vous votre style de musique ? Quelles sont vos influences ?
Je dirais que ce qui s'en approche le plus, c'est le rap. Mais chacun peut y voir (ou plutôt entendre) ce qu'il veut ! Mes influences sont éclectiques car j'ai toujours été transporté par la musique en général. A la base, c'est le Rock car mes parents me faisaient partager ça au travers des concerts que l'on allait voir en famille. Puis, je me suis tourné vers le Reggae. Ensuite, avec l'émergence du rap en France, je me suis vite retrouvé embarqué dans le mouvement ! Aujourd'hui, même si j'écoute beaucoup de rap, cela ne m'empêche pas de faire quelques détours par la soul, le jazz ou bien même l'électro.

3/ Vous avez sorti un EP intitulé Le divin enfant, vous pouvez nous en parler ? De quoi parle cet EP ?
Cela n'a rien de religieux comme certains pourraient le penser. C'était juste pour le mauvais jeu de mot (merci Clément pour cette vanne). C'est un premier projet en solo qui a mis du temps à aboutir. J'ai mis 10 ans depuis l'écriture du premier morceau (La poudre d'escampette) avant d'être satisfait du résultat. Aux prémices du projet, la plupart des morceaux n'avaient pas de refrain. L'ambiance était clairement très underground ! Je me suis donc retrouvé confronté à devoir penser "refrain". C'est à ce moment que le projet a pris une autre tournure, plus musicale on va dire. Je suis évidemment passé par plusieurs stades pendant l'élaboration de cet EP, autant dans ce que je voulais défendre que dans les collaborations, notamment avec les beatmakers. Le projet a même failli ne pas voir le jour ! Finalement, j'ai fini par me lancer et c'est la rencontre avec Nautylus et Kartoon qui m'a permis de boucler le truc ! Le divin enfant c'est un pari audacieux dans le sens où j'ai voulu proposer des sonorités qui pourraient plaire à différents publics. Dans ce projet, il y a autant du personnel, du délire que du concept... Mais je ne vais pas m'étendre plus sur ce sujet. Je vais laisser les auditeurs se faire leur propre opinion !

4/ Comment se passe le travail de composition ? Qu'est-ce qui vous inspire ?
Pour ce qui est de la composition musicale, je bosse en direct avec des beatmakers. Même si j'ai eu une phase de création "instrumentale", je me suis vite rendu compte que je devais me concentrer sur l'écriture et laisser faire les "vrais" musiciens. En plus, je n'ai jamais fais de solfège ! (rires) Par contre, j'interviens beaucoup dans les arrangements, pour donner mon avis sur des modifications éventuelles. Je pars du principe que c'est un échange entre les différents collaborateurs ; chacun peut donner son point de vue sur ce que l'autre propose. Je trouve que c'est ce qui peut permettre d'enrichir les morceaux. En terme d'écriture, j'aime varier les modes opératoires. Des fois, je me pose en spectateur ; d'autres, je décris ce que je ressens. Je m'inspire de tout ce qui m'entoure, tout ce qui attrait aux 5 sensations (l’ouïe, le goût, le toucher, l'odorat, la vue). Forcément, il y a des sujets qui sont plus profonds que d'autres. Mais je ne m'interdis pas pour autant de tester des choses plus "légères" par moment ! C'est la même chose pour le "flow", j'essaye de me renouveler souvent ! Avant de me mettre au rap, j'étais batteur. Donc, j'avais déjà le sens du rythme avant de commencer à écrire des textes. Quand je commence une nouvelle chanson, je me mets souvent en condition pour que l'ambiance reste dans le thème. Je m'inspire peu des techniques d'autres rappeurs pour l'interprétation. C'est souvent au feeling !

5/ Des concerts sont-ils prévus dans les mois à venir ?
Je n'ai pas encore de concert à annoncer pour l'instant ! D'autant plus que l'album Le divin enfant n'a pas été pensé pour la scène. En revanche, je fais partie d'un nouveau groupe avec lequel il y a quelques dates en cours de négociation. Le groupe s'appelle OKTAV ; il est composé de Kartoon (rappeur et beatmaker), Minox (rappeur), Doe (DJ & beatmaker) et moi même (rappeur). Nous avons déjà fait des concerts ensemble et nous préparons un projet que nous voulons défendre sur scène. Pour les actualités de ce genre, mieux vaut suivre directement nos pages Facebook.

6/ Pour finir vous écoutez quoi en ce moment ?
Le morceau Kim Jong Un d'OKTAV ! (rires) Plus sérieusement, cela fait plusieurs mois que j'ai du mal à décrocher de l'album "Malibu" d'Anderson Paak. Je dirais que c'est un mélange de rap et de soul, ultra musical, avec des compositions de morceau recherchées. En plus, le gars fait de la batterie pendant qu'il chante ! A écouter... Sinon, il y a aussi le dernier album de Kendrick Lamar (Damn) qui tourne dans mon lecteur MP3 !


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